Journal de bord

Divoc, 9 mai 2020

Nathalie, Photographe

Voilà encore un végétal que j’ai longtemps malmené parce que je croyais qu’il était nocif pour les autres plantes. Avec l’expérience, on se rend compte que c’est rare qu’une plante soit nocive, ou invasive (bien qu’il y ait quelques exceptions). Geum urbanum ou herbe de Saint-Benoît ou herbe du bon soldat présente même des atouts santé.  

Jadis la benoîte commune était considérée comme une plante magique associée à la magie blanche

Photographie par Nathalie

“Une odeur de clou de girofle”

Geum “désignait probablement la plante en latin, peut-être par dérivation du grec geuô, faire goûter, par allusion au parfum de clou de girofle des racines”. Au Moyen-Âge, elle était appelée herba benedicta, « herbe bénite », en référence aux merveilleuses propriétés médicinales qu’on attribuait à la benoîte commune, puis par assimilation herbe de saint Benoît, un saint à l’origine de l’ordre des Bénédictins, invoqué contre les brûlures et pour faire échec au démon. L’épithète spécifique urbanum, « de la ville », est curieuse, car la plante se plaît davantage en lisière des bois qu’au bord des trottoirs. Peut-être abondait-elle dans la ville d’Uppsala, où résidait le naturaliste Linné qui la nomma ainsi.

Plante de 20 à 60 cm, peu rameuse, à tige grêle couverte de poils rudes, elle possède une souche courte. Les racines froissées dégagent une odeur de clou de girofle, due à la présence d’eugénol, principe actif de giroflier.

Jadis, la benoîte commune était considérée comme une plante magique associée à la magie blanche. Au Moyen Âge l’Herbe du bon soldat était l’alliée des Soldats du Bon Dieu, ces moines exorcistes qui utilisaient la benoîte pour chasser le diable et tous ses suppôts.

L’ancêtre de la bière, la cervoise, n’était pas aromatisée avec le houblon mais avec des rameaux de piment royal ou de rhizomes de benoîte commune.

Le saviez-vous ? Autrefois, on employait la racine desséchée pour remplacer le clou de girofle. Elle était utilisée comme fébrifuge, succédanée du quinquina depuis le XVIIe siècle.
Dans le nord de l’Europe, on l’utilisait pour parfumer la bière, ou le vin par macération avec des zestes d’agrumes.Les très jeunes feuilles au printemps peuvent être ajoutées aux salades mais elles deviennent rapidement trop riches en tanins et trop astringentes. On peut en faire un vin et utiliser ses racines adventives pour aromatiser des sauces.
Ses feuilles et son rhizome sont astringents et vulnéraires du fait de l’huile essentielle et du tanin qu’ils contiennent, d’où ses usages traditionnels comme anti-hémorragique, anti-diarrhéique, fébrifuge, styptique, pour soulager les maux de gorge ou les maux d’estomac. (source : Wikipedia)

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